>L'histoire des terrasses
>Sur les terrasses, la vigne
>Les créateurs de paysages contemporains
L'histoire des terrasses
La vallée de l'Alagnon et ses laves, qui ont incisé le
massif volcanique du Cézallier et modelé le relief particulier
du « Pays coupé», ont condamné les hommes
paysans à un travail opiniâtre, pour vaincre les lois de
la gravité.
La recherche de l'exposition la plus favorable et l'altitude de moyenne
montagne ont incité les hommes à terrasser les coteaux pour en faire de « bons pays ». Avec la vigne
sur l'adret, il y avait aussi les arbres fruitiers, les céréales
et quelques prés et jardins maraîchers.
La fonction première de la terrasse est de freiner l'érosion :
on transforme un plan incliné en une suite de gradins horizontaux,
reliée par des escaliers de pierres ; pour se faire, on
construit des murets de pierre sèche avec le matériau
trouvé sur place, dans la terre. Ces platebandes, de largeur
et de hauteur très variables, réalisent à elles
seules une véritable création de terre cultivable qui
sera enrichie d'apports à dos de « berthe » *
au fil des années.
La nature de la roche n'arrête pas la volonté du bâtisseur.
L'agencement et l'appareillage du mur de soutènement empruntent
beaucoup à la nature de cette roche.
Aujourd'hui les coteaux ont été envahis par la friche
et la forêt de chênes pubescents. Les terrasses ne sont
plus visibles dans le Paysage.
Cependant, vous pouvez les découvrir lors de vos randonnées ;
elles sont encore présentes, entre autres, sur tout le territoire
de la vallée de l'Alagnon.
Plusieurs sites de réhabilitation de cultures en terrasses ont été entrepris à la
faveur du programme européen « Pro Terra » :
- Le site expérimental d'Artias, sur la commune de Retournac,
en surplomb de la Loire au nord du Puy en Velay, avec un projet de maraîchage
et de vigne, dans le cadre du programme Pro Terra.
- Le site de Molompize au-dessus de Massiac, dans le Cantal, avec une
réalisation de remise en culture d'un hectare de vigne.
-Association de la Vallée de la Sianne : www.cezalliersianne.asso.fr
- Le site de Courgoul dans le Puy de Dôme, à côté de
Champeix. L’association des Pailhats de Courgoul organise mi-octobre une fête pour présenter leurs actions de sauvegarde des richesses locales. Des travaux de réhabilitation des
murs de pierre sèche avec création d’un verger permettent d’accueillir le public pour des visites.
- Le site de Léotoing avec un projet de création paysagère et d’agrotourisme d’Arnaud Maurières et Éric Ossart « Les palhàs de Léotoing » Télécharger l'étude
La vigne
Jusqu'au 19 ème siècle, la superficie occupée
par la vigne en Haute Loire est considérable, et ce en raison
des revenus qu'elle procure.
Une étude datant de 1876 démontre que le produit de riches
cultures agricoles de l'époque ne procure pas le tiers de ce
que rapporte la vigne. L'ensemble de toutes les cultures céréalières
représentait moins du 6 ème du revenu de la vigne.
Déjà au Moyen âge, les Seigneurs possédaient
des parcelles de treilles autour de leurs châteaux. Ils en tiraient
des ressources soit directement, soit par le paiement de dîmes
ou de tonneaux avec le privilège, en plus, comme la vinade ou
le droit de bandin.
Lors de sa conférence sur les « Seigneurs de Léotoing », le Directeur des archives départementales de Haute-Loire, Martin de Framond, nous apprend que l’on sait peu de choses étant donné la complexité des alliances.
On peut supposer que les Dauphins d’Auvergne et les Comtes du Rouergue ont eu un rôle dans cette lignée qui est passée au fil du 11ème siècle et jusqu’au 16ème siècle par les femmes.
Jusqu'au milieu du XVIIIè. Siècle la superficie de la
vigne a été croissant pour atteindre son point culminant à la
fin des années 1900. Avec la progression du phylloxéra
sur tout le vignoble français, la Région Auvergne sera
la dernière en sursis. Puis les attaques de l'oïdium et
du mildiou, la 1 ère Guerre mondiale, l'industrialisation et
l'exode rural vers les villes, la mécanisation de l'agriculture,
vont porter un coup fatal à la viticulture de l'Auvergne et générer
l'abandon de toutes les cultures en terrasses. Déprise, enfermement
des coteaux envahis par la friche, en un siècle l'Auvergne de
moyenne montagne aura complètement changé et vivra au
rythme de la PAC (Politique agricole commune).
Les terrasses deviennent des espaces riches de biodiversité et
vierges de toutes nuisances chimiques.
Alors quel avenir pour les cultures de terrasses et les terrasses de
cultures ?
Paysage, paysans, leurs destins sont liés .
Aujourd'hui, la vallée de l'Alagnon, entre autres, voit se développer
une reconquête sur l'ensauvagement pour redonner vie à ces
paysages fossiles.
Face à la mutation rapide du cadre de vie et à l'urbanisation
intensive, les Paysages deviennent l'objet d'une demande sociale qui
met en avant leurs valeurs patrimoniale et identitaire.
Dès 1992, le Ministère de l'Environnement décerne
un « label de Paysage de reconquête ».
En 1993, une loi sur « la protection et la mise en valeur
des Paysages » témoigne de la reconnaissance du législateur
par rapport à cette demande sociale et culturelle.
* berthe = nom donné à la
hotte du vigneron
Les créateurs de paysages contemporains
Les palhàs de Léotoing
L’agence Arnaud Maurières et Éric Ossart , architectes paysagistes, a réalisé l’étude de faisabilité « Les palhàs de Léotoing »
Cet outil de création paysagère et agricole sur les terrasses, concourt à l’élaboration d’un projet de Territoire pour la Communauté de communes du Pays de Blesle, mais aussi pour le développement de l’écotourisme pour le Pays Lafayette. La création d’un produit du terroir avec la Griotte de Léotoing correspond au volet économique et agrotouristique.
Arnaud Maurières et Éric Ossart sont les auteurs des jardins médiévaux du Musée de Cluny à Paris www.musee-moyenage.fr, du Jardin des Paradisà Cordes sur ciel, duJardin de l’alchimiste à Eygalières, de la Roseraie et jardin des cinq sens à Blois et de bien d’autres jardins en France et à travers le monde.
Aujourd’hui ils se passionnent pour la préservation botanique liée aux changements climatiques. Il collectent lors de leurs nombreux voyages des végétaux venus de tous les déserts de la terre. Grâce à ces travaux de laboratoire il prépare les jardins du futur qui ne nécessitent aucun arrosage. Passionnés par l’histoire des jardins, ils recherchent sans cesse les secrets d’équilibre entre les demeures et leurs jardins, les architectures et techniques de gestion de l’eau, et les savoirs faire de la construction en terre crue.
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